Un photographe utilise une technique du 19e siècle pour photographier des enfants. C'est magnifique !

Vous n’oublierez pas de sitôt les photographies de Jacqueline Roberts ; hors du temps et subjugantes, elles nous ramènent à un temps révolu, tant par leurs sujets que par leur technique. Son travail est centré sur la période entre enfance et adolescence, elle tente de capturer les émotions furtives qui accompagnent cette mutation via une technique vieille de 166 ans !

La « photographie sur collodion » qu’elle utilise est un procédé qui date de 1851 et est aujourd’hui apprécié par certains artistes pour ses qualités esthétiques, malgré les contraintes qu’il impose. En effet, prendre une photo requiert une semaine de préparations, et le développement doit se faire dans le quart d’heure qui suit la prise (avant que les produits chimiques ne sèchent sur la plaque de verre) ce qui oblige le photographe à se déplacer avec sa chambre noire !

Les photos manquent donc de spontanéité, ce qu’affectionne particulièrement l’artiste, qui aime prendre le temps de préparer ses portraits autant que ses plaques. Ses travaux sont souvent centré sur ce thème. Son but est aussi philosophique, puisqu’elle déclare : « Dans le monde digital qui est le nôtre, nous sommes inondés d’images. Dans le temps, les photos étaient parmi nos possessions les plus précieuses, des trésors que nous aurions sauvés en priorité en cas d’incendie. Nous sommes en train de perdre ce lien émotionnel avec les photos. La plupart des images que nous prenons n’ont pas de signification et sont facilement remplaçables. »

Jacqueline Roberts veut créer des portraits que l’on voudra garder et préserver, un peu comme l’enfance, son thème de prédilection. Sauf qu’elle ne joue pas sur l’innocence ou sur la légèreté de ses sujets : comme vous le verrez ci-dessous, ses photos sont sombres, graves, figées, elles nous poussent à pénétrer à l’intérieur des personnages par leur regard fixe et envoutant. La technique ancienne qu’elle utilise rend aussi les photos un peu dérangeantes, comme prises dans l’au-delà…Mais jugez vous-même le travail de cette autodidacte espagnole née à Paris, ci-dessous et dans son livre Nebula.

Pour plus d'informations: jacquelineroberts.com | Facebook | Instagram

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